Je ne suis pas fascinante.
Je me réveille le matin et traine le gros tas que je suis pour me mettre mon biactol sur la figure. Je me dessape et regarde avec dégout mes bourrelets et me faufile dans la douche. Je chante faux pendant des heures sous l'eau, ça couvre un peu. Je m'habille tant bien que mal avec mon pantalon de la veille, car j'ai pour coutume de ne jamais mettre un pantalon qu'une seule fois, c'est comme ça. Je met jamais mon haut préféré, car je me dis que si je veux le mettre demain, je pourrais pas. Oui, je suis débile. Je passe à l'épreuve du brushing, comme tout les jours, en même temps que je vais sur le net pour lire mes nouveaux com's dont 25% seront anonyme, méchant, et sans intérêt. Je fais le tour des blogs, je lis des choses qui me rende triste, je vois des choses qui me font sourire, j'ai bien souvent envie d'ouvrir ma gueule et de crier que la vie c'est pas ça, et que vous vous plantez, mais je n'ose pas, à quoi bon ? Je fais toujours le même ordre des blogs. En premier, je vais sur celui
là. Ensuite, sur celui
là. Puis sur celui
là. Sur celui
là. Et enfin sur celui
là. C'est mon rituel, ça fait des années que c'est comme ça. Je vais ensuite sur
ce forum. Dans le trombi, voir les messages de la nuit. Je fais ensuite le tour d'autres blogs. Visiter les blogs est mon activité principale du net. Vous, qui me lisez, vous pensez que je ne vous connait pas, mais je vais voir votre blog tout les jours. Même si vous me détestez. J'adore les blogs, je regarde tout, rien ne m'echappe. Je m'essaie même à la psychiatrie avec vos articles. J'aime deviner un vous, même si ce n'est pas vous que je devine. Après cette étape, je passe au maquillage. Je déteste faire mon teint. J'ai horreur de ça, je ne supporte pas le fond de teint, ça me colle à la peau, j'ai l'impression d'avoir un masque sur moi c'est horrible. Alors, je met la dose de poudre pour que ça matifie tout ça. Je passe ensuite à mes yeux. J'adore me maquiller les yeux, et je les maquille jamais deux fois pareils ! Je ne me maquille jamais la bouche, je glisse un gloss dans mon sac, car je suis la pro du gloss et que ma vie sans gloss ne se résume à rien. Je regarde le résultat dans la glace, je prend toujours une photo pour voir comment je suis, j'attrape mon sac gris mettalisé Guess qui me suis partout, je prends mes quatre portes bonheurs, ma bague, mon bracelet, mon éternelle montre D&G, et ma petite chose bleu alice que je glisse dans ma poche... Je met toujours un tas de choses qui ne serviront pas dans mon sac, mais c'est pour faire genre que mon sac est rempli car ma vie est remplie. Je prend automatiquement mon porte monnaie, mon appareil photo, mon gloss et mon MP3, quand je le charge. Je fais sortir ma chienne, je ferme la porte à clés, je regarde le courrier, et si quelque chose m'intéresse, je le prend. J'appelle ma mère pour lui dire que je suis sortie, mais je ne lui dirais pas ou je suis, même si je pourrais lui dire, car j'ai toujours appris à faire ça. J'attends ensuite le bus même si j'ai que deux arrêts et qu'il arrive dans 15minutes car je suis la plus grosse flemmarde du monde et que j'ai peur de transpirer. Je me rend ensuite là ou je dois me rendre, je souris, je rigole, et voilà, le tour est jouer. Bien sur, personne ne saura que sous mes chaussures à talon, il y a les pieds les plus plat du monde, que sous mon gloss se cache des lèvres desséchées, que sous mon vernis se cache des ongles dédoubles, que sous mon apparence se cache une frustration née.
Je ne suis rien de ce que vous imaginez que je suis. Je me donne les moyens d'être quelque chose, mais je ne me trouve jamais assez bien pour être quelqu'un. Lorsque vous me voyez, sachez que vous ne voyez pas moi. Vos jugements me font bien rire, car vous êtes bien loin du compte. Je bâtis mon bonheur sur les choses qui me sont essentielles, et je cache mon malheur derrière vous. Tant que vous êtes là, je serais pas malheureuse, parce que, désolée d'être intelligente mais je vois clair dans votre petit jeu, et qui que vous soyez, vous ne m'atteignez pas. J'ai énormément de pitié pour les gens, mais pas de peine, car vous êtes là ou vous voulez être, autant prisonnier de vous que je le suis.
Je suis Tiffanie. Personne ne me connait, pourtant tout le monde sait qui je suis.
Je continuerais d'être ce que vous croyez que je suis parce que c'est comme ça que ça fonctionne.
Dans quelques minutes, ça sera un autre jour.
Ne vous inquiétez pas, je remettrais mon masque.